La chenille processionnaire du pin : Cycle de vie

La chenille processionnaire est un insecte spécialisé au cycle de vie pouvant comporter des
variables annuelles importantes.
Comprendre sa biologie est indispensable pour mettre en place une
lutte alternative efficace
(collier écopiège, piège à phéromone, nichoirs et auxiliaires de lutte).

 

Les adultes sont des papillons de nuit qui émergent de terre en été à une date plus ou moins variable selon la situation géographique, l’altitude ou bien encore les conditions climatiques.

Ils ne vivent que le temps de la reproduction. Soit 1 jour pour le mâle et 3 à 4 jours pour la femelle. Les femelles pondent de 80 à 250 œufs disposés en manchon sur deux aiguilles de pin. Un mois après leur éclosion, les chenilles commencent à dévorer les aiguilles de l’arbre méthodiquement.

Leur développement passe par cinq stades larvaires entrecoupés de mues. A la fin du 5ème stade larvaire (de début janvier à fin avril suivant l’altitude et l’insolation hormis une exception pour la façade Atlantique), elles descendent de l’arbre menées par une chenille de tête, c'est la procession de nymphose.

 

 

 

 

 

Elles quittent alors le stade aérien pour s’enterrer dans un sol approprié. Elles s’enfouissent dans la terre entre 5 et 20 cm de profondeur pour se transformer en chrysalides. Cet état peut durer de quelques mois à cinq ans (diapause prolongée lors de mauvaises conditions). Plus on remonte vers le Nord et en altitude, plus les stades larvaires se développent lentement, en réduisant cette diapause. Quelques mois avant la sortie du papillon, la transformation reprendra pour aboutir à l’imago, un papillon de nuit très discret mesurant de 4 à 5 cm.

Pour en savoir plus, visitez les sites de l’ I.N.R.A (notamment les articles de M. Jean Claude Martin), celui de Micropolis et enfin le site du maître de l’entomologie française, Jean-Henri FABRE.

Biologie et comportement de la chenille processionnaire

La chenille processionnaire s’attaque à son hôte dès sa naissance. Le pin noir d’Autriche et le pin Lariccio sont les essences colonisées en priorité. Mais toutes les autres essences de conifères sont susceptibles d’être attaquées, cèdre inclus. Les chenilles processionnaires sont considérées comme des nuisibles ravageurs car dès leur naissance, et particulièrement au cours des 2 premiers stades larvaires, elles font preuve d’une redoutable voracité à l’égard des aiguilles de pin qui sont leur nourriture exclusive.
Les dégâts vont du « brin de paille » (partie des extrémités de branches couleur paille ou marron), à la défoliation totale de l’arbre. Les chenilles processionnaires ne causent pas la mort de l’arbre parasité, mais elles ralentissent sa croissance. Seuls des maladies, champignons, insectes xylophages ou sécheresse, installés après celles-ci pourront causer la mort de l’arbre.

Poils urticants de la chenille processionnaire du pinLa chenille processionnaire est aussi considérée comme un nuisible redoutable car elle possède un mode de défense particulièrement efficace,  des milliers de poils urticants et dangereux pour les humains et les animaux. Ces poils orangés et microscopiques sont contenus dans des poches appelées : "miroirs". Ils sont situés sur chaque segment dorsal. Pendant une phase de danger ou de stress, la chenille ouvre ses "miroirs" et libère des milliers de poils urticants mesurant à peine quelques microns, comme de la poussière fine. Ces poils en suspension dans l’air ou portés par le vent n’auront aucun mal à atteindre les parties non couvertes des hommes et des animaux. Munis de crochets, tels des harpons, ces poils s’accrochent très facilement au derme et libèrent en se brisant une substance urticante: la thaumatopéïne. Ces poils sont très volatiles, car ils ont la taille d'une fine poussière.  Ils peuvent être libérés lors du retrait des vêtements et se déposer sur votre peau.

 

 

La processionnaire est un insecte nocturne dont la propagation a été favorisée par la plantation massive de pin dans les zones urbaines, périurbaines et le long des autoroutes. Le réchauffement climatique lui a permis de coloniser le territoire français en pénétrant vers le Nord et les zones de montagnes. Son adaptation et son comportement grégaire lui ont permis de résister à des situations climatiques extrêmes (sécheresse ou grands froids). Seules des températures inférieures à 16°c peuvent lui être fatales. Elle peut rester au stade de chrysalide appelé diapause jusqu’à 5 années si nécessaire.
On peut remarquer sa présence grâce aux symptomatiques « nids d’hiver». Ces nids sont des bourses blanches et soyeuses situées sur les extrémités hautes de l’arbre. Le nid d’hiver des chenilles processionnaires est un véritable radiateur thermique où une colonie se rassemble afin d’affronter le froid de l’hiver. Il est construit vers le haut de l’arbre et au Sud afin de capter les proches infrarouges du soleil. Ce nid peut atteindre 15 à 20 degrés de plus que la température externe au moment le plus chaud de la journée. La colonie de processionnaires y sera à l’abri la journée pour digérer la nourriture ingurgitée lors des sorties nocturnes. Le nid reste urticant même lorsque la processionnaire l’a quitté définitivement (pois urticants +mues). Il ne sera pas occupé la saison suivante et se dégradera avec les intempéries.

Diaporama didactique sur la chenille processionnaire du pin

1 Chenille processionnaire mirroirs ouverts
2 Pins attaques par les jeunes processionnaires
3 Nid d hiver de la chenille processionnaire du pin
4 Sechage des ailes du papillon de la chenille processionnaire
5 Accouplement de papillon de Thaumaptopoea Pityocampa
6 Femelle de processionnaire en train de pondre
  • 1 Chenille processionnaire mirroirs ouverts
  • 2 Pins attaques par les jeunes processionnaires
  • 3 Nid d hiver de la chenille processionnaire du pin
  • 4 Sechage des ailes du papillon de la chenille processionnaire
  • 5 Accouplement de papillon de Thaumaptopoea Pityocampa
  • 6 Femelle de processionnaire en train de pondre